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La grotte de Dénisova, située en Russie dans les montagnes de l'Altaï fait une fois de plus la une de l'actualité scientifique, avec la publication dans la revue Nature de l'étude d'un fragment osseux découvert là en 2012. Il appartenait à une adolescente décédée de cause inconnue vers ses 13 ans et inhumée dans la grotte, il y a 50 000 ans.  
 
Une équipe dirigée par Svante Pääbo de l'Institut Max Planck de Leipzig, a pu en extraire de l'ADN et l'analyser. Ils ont fait une découverte exceptionnelle : ce fragment osseux appartenait à un individu métis de première génération, fruit d'une relation entre un Dénisovien et une Néandertalienne. "C'est la première fois qu'on trouve un descendant direct de ces deux groupes", explique Viviane Slon,coauteur de l'étude. 
 
"Néandertaliens et dénisoviens n'ont peut-être pas eu beaucoup d'occasions de se rencontrer. Mais quand cela arrivait, ils ne semblaient pas avoir de préjugés les uns envers les autres, déclare Svante Pääbo (France Inter.fr). Ils devaient s'accoupler fréquemment, beaucoup plus que ce que nous pensions auparavant, sinon, nous n'aurions pas été aussi chanceux."
 
Pour Jean-Jacques Hublin, directeur du département d'évolution humaine à l'institut Max Planck : «On a une chance incroyable avec la grotte de Denisova. D'une part, les conditions de préservation y sont particulièrement bonnes, ce qui permet d'analyser l'ADN ancien. D'autre part, elle se situe à un point stratégique. À la frontière des territoires des deux populations. Sur ces zones, les échanges et les contacts étaient sans doute nombreux, mais je suis convaincu qu'ils étaient beaucoup plus rares, voire inexistants plus à l'est et plus à l'ouest.» (le Figaro.fr
Bruno Maureille (PACEA-Université de Bordeaux) a réagit différemment à cette découverte :  "Je fais partie de ceux qui considèrent que Denisova, Néandertal et Sapiens, font, en fait, tous partis d'une même espèce, explique le paléoanthropologue dans le même article. C'est une opinion assez minoritaire, mais d'un point de vue d'anthropologie et comportemental, les trois groupes étaient vraiment proches. La survivance de gènes néandertaliens et dénisoviens montre que d'un point de vue génétique la différence n'était pas si importante."
 
Pour en savoir plus 
 
La publication scientifique (seul le résumé est consultable librement) :
Viviane Slon, Fabrizio Mafessoni, Benjamin Vernot, Cesare de Filippo, Steffi Grote, Bence Viola, Mateja Hajdinjak, Stéphane Peyrégne, Sarah Nagel, Samantha Brown, Katerina Douka, Tom Higham, Maxim B. Kozlikin, Michael V. Shunkov, Anatoly P. Derevianko, Janet Kelso, Matthias Meyer, Kay Prüfer & Svante Pääbo. The genome of the offspring of a Neanderthal mother and a Denisovan father. Nature, 22 août 2018.
 
Dans la presse française :